Synthèse atelier 4 : EPN et la formation tout au long de la vie

juillet 9th, 200910:27 @ coraia

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SYNTHESE

La majorité des participants étaient des animateurs et/ou responsables d’EPN

La notion « formation tout au long de la vie » revêt des formes et des approches différentes. Plus que de formation, il faudrait peut-être parler d’apprentissage tout au long de la vie.

Pour certains participants à l’atelier, cette notion est à pondérer en fonction de l’âge des personnes. Les EPN recevant principalement un public senior, estime que la « formation tout au long de la vie » relève d’un parcours volontaire lié à l’intérêt de l’individu. Cela sous entend que « la formation » ne serait pas nécessaire.

L’acquisition de la compétence numérique n’ouvre pas seulement la porte à un métier, à une université ou encore à une formation. Elle n’est pas réservée et utile aux seuls « actifs ». Cela pose la question de savoir comment l’individu se situe en tant que citoyen-acteur dans la société de l’information, des médias participatifs qui bousculent le rapport entre individu et société.

Il ne faut pas faire l’erreur de segmenter les pratiques de formation. Les OF n’ont pas vocation à absorber tous les besoins de formations, et les EPN n’ont pas vocation à traiter tous les accompagnements TIC. Chacun a un rôle à jouer, une place à prendre.

La Bibliothèque municipale d’Ardèche dispose d’un point d’accès public à Internet qui lui permet d’avoir une approche intéressante autour du multimédia et de l’illettrisme. Ils ont fait le constat que les personnes atteintes d’illettrisme avaient une approche plus intuitive sur la navigation Internet, à l’inverse des personnes lettrées.
Pour eux, l’expérimentation B2i a été concluante, puisqu’elle a été mené à travers une approche culturelle (dimension artistique, création d’images) et non pas outil.

Certains animateurs d’EPN constatent une recrudescence d’usagers chez les étudiants.
En effet, les formations qui allient du temps d’apprentissage en présentiel et en virtuel ne proposent pas de mise à niveau numérique. Aussi une partie des étudiants ne peuvent pas accéder à ces formations qui sont de plus en plus conditionnées par la maîtrise des usages d’un campus numérique ou d’un Espace Numérique de Travail.

Certains EPN travaillent depuis 2 ans avec des étudiants pour les autonomiser sur la partie informatique de leur formation. La Médiathèque de Romans a notamment constaté cette évolution des demandes d’une partie de son public. Cela implique que les animateurs soient eux-mêmes formés et en compétences sur les outils type « bureau virtuel ».

Une des difficultés soulevée et partagée, était l’hétérogénéité du public accueilli qui amène l’espace à traiter les individus et les besoins presque au cas pas cas.

L’approche globale devient pour l’animateur complexe lorsque il est confronté à un groupe qui n’est pas homogène : différence d’âge, d’attentes, de situation professionnelle, de compétences etc.… D’autant plus que les publics ont des attentes de plus en plus ciblées, spécifiques, exigeantes pour lesquelles ils souhaiteraient des réponses quasi-individualisées et qui demandent à l’animateur d’être lui-même constamment en situation de « formation tout au long de sa vie ».

Pour gérer la complexité d’un groupe hétérogène, il est cité l’exemple de la société France Télécom. Les formateurs disposent d’un centre de ressources qui devient le support de leurs formations. L’animateur accompagne de façon individuelle son public, tout en gérant un groupe et ceux grâce à sa parfaite connaissance des ressources qu’il dispose en ligne. Cela demande de l’entraînement et des connaissances pédagogiques.

Contre toute attente, si les animateurs en sont convaincus, la notion « tout au long de la vie », n’est pas partagée par les usagers des EPN. La grande majorité du public est irrégulier, zappeur, et fonctionne sur des besoins ponctuels, spécifiques. Les animateurs sont démunis pour leur faire comprendre l’importance d’avoir une approche systémique, globale de maîtrise des TIC, et non liée à une utilisation particulière.

Pour ce faire, les animateurs ont besoin d’appui, de conseils dans l’accompagnement des publics. S’ils avaient également une meilleure compréhension du contexte, et une bonne vision de l’offre globale des services de formation, en fonction du type de public, il pourrait l’orienter vers d’autres dispositifs.

Alors, faut-il parler de « formation », « d’apprentissage », « d’initiation » ?

Quoi qu’il en soit, certains animateurs d’EPN bien qu’ils préfèrent parler « d’initiation » pour les distinguer des OF, ont besoin plus que jamais de reconnaissance de leur statut et de leurs apprentissages.

Avons nous conscience que les « initiations » dispensées au sein d’un EPN s’intègre également dans le cadre d’un parcours de formation d’un individu tout au long de la vie ?

Comment alors évaluer ce niveau de compétences ? Dès lors qu’un individu fait l’acte de se former, d’apprendre – même si cela est informel – comment cette nouvelle compétence peut devenir quelque chose de valorisable, gratifiant ?

Quelle est la contribution des EPN face à cette démarche de e-portfolio. Comment peut-il être conçu ? Comment aider les individus à construire leurs parcours de formation non pas à partir de l’offre de formation, mais à partir de l’identification de ces usages, de ces pratiques.

Autant de questions que nous pouvons continuer de débattre…

Animation : Stéphanie Lucien-Brun, EPN du Lyonnais et  Jézabel Roullée, Proposition, Equipe Formavia

La synthèse des mises en ligne (le sommaire)